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Étiologie

Bien que les causes de l’obésité morbide demeurent encore mystérieuses, elles impliquent en toute probabilité à la fois des facteurs génétiques et environnementaux, et la notion selon laquelle l’obésité morbide est due uniquement à des excès alimentaires est simpliste. Parmi les facteurs génétiques possiblement impliqués, on retrouve des défauts dans la façon de brûler les sucres et les graisses, un besoin énergétique de base de l’organisme anormalement faible, un défaut au niveau du « thermostat » qui règle le poids, et des anomalies dans les mécanismes de contrôle de la faim et de la satiété tant aux niveaux périphériques que du système nerveux central. Il ne semble donc pas y avoir une cause unique, mais une mosaïque de facteurs, ce qui rend la solution d’autant plus difficile. A ces facteurs génétiques s’ajoutent des facteurs environnementaux : mauvaises habitudes alimentaires, mauvaise influence de l’entourage, manque d’activité physique, manque de motivation, découragement ou manque de confiance. Ces facteurs peuvent entraîner l’obésité chez une personne qui n’y était pas exposée génétiquement. Et l’inverse est aussi vrai : des conditions environnementales favorables peuvent prévenir l’obésité chez la personne qui est génétiquement exposée à être obèse. Personne ne peut aujourd’hui établir le rôle respectif de chacun de ces facteurs, surtout au niveau individuel, et malgré des efforts louables de leur part, de plus en plus de gens deviennent obèses.

Au-delà des facteurs génétiques ou environnementaux qui ont contribué au gain de poids, on note par-dessus tout que le patient qui dépasse un certain seuil d’obésité atteint presque un stade de non-retour, en raison de la trop grande difficulté à se défaire de son excès de poids. L’obésité morbide devient en elle-même une maladie. Il semble exister dans l’organisme un « thermostat » efficace qui protège contre la perte de poids. Même si la personne mange moins, comme lors d’une diète ou d’un jeûne, il se produit une adaptation biologique (diminution du métabolisme de base) pour maintenir le poids malgré le manque d’aliments. Ainsi, lorsque la diète est abandonnée, et que l’obèse retourne à une alimentation normale, il en résulte un regain de poids excessif, souvent supérieur au poids perdu durant la diète. Ce mécanisme normalement utile devient une barrière pour la personne dont le poids est devenu excessif.

Cette situation de quasi-irréversibilité fait que l’état d’obésité morbide est une maladie en soi, dont le traitement est très difficile. Il faut la prévenir car, une fois qu’elle est installée, elle est extrêmement difficile à déloger. Aujourd’hui, la plus grande difficulté dans le traitement de l’obésité morbide n’est pas d’obtenir une perte de poids, mais de faire en sorte que cette perte de poids soit permanente. Les résultats, pour être valables, doivent être évalués sur une période de cinq à dix ans.




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