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Étiologie

Les facteurs génétiques du surpoids et de l'obésité

L’obésité est une maladie complexe qui résulte d’une interaction entre une multitude de facteurs génétiques et environnementaux. Les progrès combinés de la génétique quantitative, de la génomique et de la bio-informatique ont permis de mieux comprendre les bases génétiques et moléculaires de l’obésité.

La concentration de cas dans une même famille, le taux élevé de concordance chez les jumeaux monozygotes en ce qui a trait à la masse corporelle et la découverte de gènes associés à l'obésité sont autant d'éléments plaidant en faveur d'une dimension génétique de l'obésité.

Il est maintenant bien établi que le surplus pondéral et les différentes formes d’obésité sont des conditions qui ont tendance à se concentrer dans les familles. Le risque d’obésité est environ deux à huit fois plus élevé chez un individu présentant des antécédents familiaux comparativement à un individu sans histoire familiale d’obésité, le risque le plus élevé étant observé dans les cas d’obésité massive. L’héritabilité de l’obésité varie en fonction du phénotype à l’étude, et elle tend à être plus élevée pour les phénotypes reliés à la distribution du tissu adipeux (40 à 55 %) que pour les phénotypes qui traduisent l’excès de masse ou de graisse corporelle (5 à 40 %). Le gain de poids et d’adiposité qui surviennent avec l’âge sont également influencés par l’hérédité.

L’existence de formes monogéniques d’obésité constitue une preuve que l’obésité peut être causée par des mutations génétiques, mais seulement 78 cas dus à des mutations au sein de sept gènes différents ont été décrits jusqu’à maintenant à travers le monde entier. Les formes les plus courantes d’obésité sont sans doute causées par des variations au sein d’un plus grand nombre de gènes. Des variations de séquence au sein de 56 gènes différents ont été rapportées comme étant associées à des phénotypes d’obésité, mais seulement dix de ces gènes ont montré des résultats positifs dans au moins cinq études différentes.

Outre ces cas plus rares, plusieurs personnes auraient un terrain génétique propice à l’obésité. Les scientifiques ont décelé plusieurs gènes de prédisposition à l’obésité. La combinaison d’un milieu obésogène et d’une prédisposition génétique entraîne quasi indubitablement le développement de l’obésité. On peut néanmoins être obèse sans avoir de terrain génétique défavorable.

En résumé, les connaissances actuelles permettent de conclure que les facteurs génétiques peuvent être impliqués dans l’étiologie de l’obésité, et qu’à l’exception de très rares cas d’obésité sévère, les gènes en cause sont sans doute des gènes qui interagissent avec les facteurs de l’environnement reliés à la consommation et à la dépense d’énergie pour accroître le risque d’obésité. L’identification de ces gènes permettra de mieux cerner l’étiologie de l’obésité et de ses complications métaboliques, de repérer les individus ou les groupes à risque, en fonction de leur profil génétique et de développer des stratégies de prévention et de traitement individualisées. ×

Références...

  • Glossaire en génétique
  • Définition des termes
  • Louis Pérusse, Claude Bouchard. Bases génétiques de l’obésité familiale au Québec. Medecine/Sciences 2003 ; 19 : 937-42
  • Louis Pérusse. Génétique de l’obésité. Encyclopédie Médico-Chirurgicale 10-506-C-10 (2004)



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