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Étiologie 1

L’obésité est maintenant devenue une préoccupation majeure en santé publique. Il est donc primordial de mieux comprendre l’étiologie de ce fléau afin de ralentir sa progression et de réduire ses dommages. Une combinaison complexe de facteurs environnementaux, génétiques, sociaux, culturels et économiques influence l’apport et la dépense énergétique et fait pencher la balance vers une société qui présente un format corporel de plus en plus imposant.

Bien qu'une prédisposition à l'embonpoint puisse résulter de l'interaction complexe de plus de 250, marqueurs et régions chromosomiques, le phénotype « obèse » est souvent dû à une interaction entre les gènes et l'environnement7-9. D'ailleurs, avoir un parent obèse est un des facteurs les plus puissants pour prédire l’obésité d’un enfant.

En raison du manque de données de surveillance, il est impossible de déterminer si c'est la diminution de l'activité physique, l'augmentation de l'apport énergétique ou l'effet combiné de ces deux facteurs qui est responsable de l'accroissement rapide du nombre de cas d'obésité infantile au pays2. Les données limitées dont on dispose donnent à penser que l'inactivité physique, qui englobe des activités sédentaires telles le nombre d’heures passées à écouter la télévision et l'utilisation d'autres médias électroniques, joue un rôle important dans l'apparition de l'obésité et de la surcharge pondérale chez les enfants19-23.

Activité physique

Ces dernières années, l'obésité et les faibles niveaux d'activité physique observés chez les enfants sont devenus d'importants enjeux pour les jeunes Canadiens. Selon un sondage effectué auprès des parents, un moins grand nombre d'enfants obèses (38%) étaient actifs comparativement aux enfants non obèses (47%). En outre, davantage d'enfants obèses (38%) étaient inactifs comparativement aux enfants non obèses (30%).

  • D'après l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) menée en 2000-2001, 56% des jeunes Canadiens de 12 à 19 ans étaient physiquement inactifs. En outre, pas moins de 82 % n'étaient peut-être pas suffisamment actifs pour répondre aux lignes directrices internationales en matière de développement et de croissance optimale.

  • Les filles sont nettement moins actives que les garçons, puisque 64% des filles et 48% des garçons sont considérés physiquement inactifs. Par ailleurs, les jeunes dont la famille a un revenu élevé sont ceux qui ont le moins tendance à être physiquement inactifs. (ESCC, 2000-2001)

  • La moitié des enfants canadiens de 6 à 17 ans suivent des cours d'éducation physique trois jours ou plus par semaine à l'école et 17% ont des cours d'éducation physique chaque jour. Les parents plus actifs sont plus susceptibles de rapporter que leur enfant suit des cours d'éducation physique au moins trois fois par semaine.

  • Les enfants âgés de trois à cinq ans consacrent près de 80 p. 100 de leur temps à des activités sédentaires et seulement 2 à 4 p. 100 à des activités physiques vigoureuses24.

Dans tout le pays, on réclame le retour des programmes d'éducation physique à l'école. Cependant, il faut disposer de données probantes pour déterminer quels types de programmes scolaires amélioreront effectivement l'activité physique générale des participants aujourd'hui et dans l'avenir2,20,25. Des questions se posent également sur les pratiques exemplaires que devraient adopter les écoles, compte tenu des contraintes financières et des résultats scolaires.

Alimentation

Certains comportements alimentaires, comme la consommation d'aliments riches en énergie et de boissons sucrées, et la grosseur excessive des portions, sont associés à une surcharge pondérale chez les enfants26-28.

De façon similaire, certains autres comportements alimentaires, comme le fait de manger beaucoup de fruits et légumes, de boire du lait et de prendre les repas en famille, semblent avoir un effet protecteur29-30.

Il convient donc de chercher à mieux comprendre la dynamique de l'alimentation des enfants, depuis l'incidence des connaissances, des aptitudes et de la motivation des parents ainsi que du temps dont ces derniers disposent sur les aliments offerts aux enfants, jusqu'aux mécanismes cellulaires responsables de l'influence de certains aliments sur l'appétit et les régulateurs du métabolisme31.

Facteurs socio-économiques

Plusieurs facteurs socio-économiques sont associés à l’obésité des enfants. En 1999, les enfants de 2 à 11 ans issus de familles à faible revenu étaient 1,5 fois plus susceptibles d’être obèses que les enfants issus de familles plus aisées.

Périnatalité

Il semble que les déséquilibres énergétiques survenant avant la conception et avant la naissance joueraient un rôle critique dans la formation des réserves énergétiques et la détermination du profil métabolique des enfants. Des recherches récentes révèlent que la suralimentation et la sous alimentation pendant la période prénatale peuvent prédisposer une personne à l'obésité et ce, semble-t-il, par des mécanismes différents10-14. On considère également que certains facteurs qui interviennent peu après la naissance, comme le poids à la naissance et l'alimentation des nourrissons, sont des déterminants probables d'une obésité pendant l'enfance ou à un âge plus avancé15-17. Les processus spécifiques responsables de la protection relative conférée par l'allaitement au sein restent à élucider18.

Références

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